L’abbé Pierre de Porcaro, prêtre du diocèse de Versailles, est l’une des cinquante victimes du décret de persécution nazi du 3 décembre 1943 contre l’activité de l’action catholique française au sein des travailleurs civils français dans le Reich.

Entré au grand séminaire de Versailles en 1927, Pierre est ordonné prêtre en 1929. Puis, il exerce les fonctions de professeur au petit séminaire de Versailles, avant de devenir vicaire à Saint-Germain-en-Laye en 1935 où il crée un patronage qui a eu beaucoup de succès auprès des jeunes. Il est mobilisé en septembre 1939 et fait prisonnier le 23 juin 1940. En captivité à Colmar avec 8 000 soldats français, il célèbre chaque jour la messe, puis il est transféré au Stalag V-A au nord-est de Stuttgart. Parmi des soldats bretons, il est muté enfin au stalag IX B, près de Bard-Orb. Libéré le 3 août 1941, en tant qu’aumônier militaire, il rejoint la paroisse de Saint-Germain en Laye.

En février 1943, l’abbé Rodhain, s’adresse aux évêques au nom du cardinal Suhard pour inviter les prêtres français à rejoindre en Allemagne les ouvriers français du S.T.O, car écrit-il, « il n’est pas possible de laisser des centaines de milliers de travailleurs sans prêtres ». Il ajoute que « le clergé n’hésitera pas à prendre sa part de la charge qui pèse sur la classe ouvrière ». Dans cet ordre d’idée, est créé un service d’aumônerie efficace confié à des prêtres français.

En avril 1943, les évêques de France permettent à 25 prêtres de partir clandestinement comme prêtres-ouvriers en Allemagne. A la demande de Mgr. Roland-Gosselin, son évêque, il part en Allemagne comme aumônier clandestin STO en mai 1943, à Dresde. Il exerce son apostolat auprès des ouvriers français, dans une usine de cartons ondulés et organise une section de JOC4. Mais, victime d’un accident du travail, il est rapatrié en France le 16 novembre 1943. Dès décembre 1943, en Allemagne, des mesures contre l’action catholique se mirent en place. Puis à partir d’avril 1944, les arrestations des responsables jocistes et de l’aumônerie clandestine en Allemagne ont commencé, à la suite du décret de Kaltenbrunner du 3/12/43, contre “l’action catholique auprès des Travailleurs forcés sur le territoire de l’Allemagne nazie”. Il repartit néanmoins en sachant ce qu’il l’attendait.

L’abbé Pierre de Porcaro, retourne à Dresde, dans l’usine de cartons ondulés, le 25 janvier 1944 pour y poursuivre son apostolat auprès des ouvriers français. Il est dénoncé par un ouvrier français à la Gestapo et il est arrêté le 11 septembre 1944 avec le séminariste Évode Beaucamp. Retenu en prison à Dresde, il est envoyé au camp de concentration de Dachau dans la seconde quinzaine de janvier 1945. Il y rencontre le père Michel Riquet qui occupe comme lui la baraque 21. Il reçoit le numéro matricule 138 374.Il exerce son ministère auprès de ses camarades déportés. Mais malade et épuisé, il meurt du typhus le 12 mars 1945.

L’hommage que rend le père Edmond Cleton, du diocèse de Lille, au père de Porcaro, mort le 12 mars 1945 dans les bras de l’abbé Beauvais, témoigne de sa sainteté et de sa conviction de demeurer accompagné par Dieu au cœur de la souffrance : « L’abbé de Porcaro, l’un des plus capables ; le plus gai, le plus serein d’entre nous. Il rejoignit le père Dillard libéré le premier de Dachau. Tous deux volontaires des galère, témoins du Christ au milieu des exilés, aimés de tous. Ils nous laissent dans la tristesse humaine, mais dans l’espoir du ciel »

Monseigneur Éric Aumonier soutient fortement sa cause en béatification auprès du Saint-Siège.