Malgré des travaux qui se sont étendus sur plus de quatre-vingt-cinq années, en plusieurs campagnes séparées par des périodes de stagnation, l’église Saint-Germain présente une unité de style remarquable. Les différents architectes successifs ont en effet respecté le principe originel présenté par Nicolas Marie POTAIN en 1765 au roi LOUIS XV, celui d’un édifice reprenant le modèle des églises paléochrétiennes de Rome. Ce modèle était révolutionnaire à une époque où les constructions religieuses françaises s’attachaient à s’inspirer des églises baroques à l’italienne.

Le résultat des travaux, achevés en 1854, est séduisant, avec un ensemble architectural élégant et cohérent, avec un aspect monumental qui sied bien à une paroisse qui comporte une importante communauté catholique.

I- L’extérieur
©Inga-Gero
©Inga-Gero

La façade présente un portique monumental à six colonnes toscanes, quatre face au château et deux en retour. Cette disposition donne une profondeur impressionnante à l’entrée principale de l’église. Les colonnes supportent une frise simple, surmontée d’un fronton triangulaire, sculpté par RAMSEY fils en 1850.

 

Il représente, au centre, la Religion, sous la forme d’une femme couronnée, assise sur une sorte de trône. Sa main droite tient la palme du martyre et s’appuie sur les tables de la Loi, sa main gauche tient la croix du Christ.

 

 

Fronton de l’église Saint-Germain ©Mairie de Saint-Germain-en-Laye

Fronton de l'église Saint-Germain ©Mairie de Saint-Germain-en-Laye

Sur sa droite, on trouve les quatre évangélistes, accompagnés de leurs attributs traditionnels. En partant de la Religion, c’est d’abord saint MATTHIEU, dominé par l’homme ailé, puis c’est saint LUC, assis sur le bœuf, qui semble endormi, vient saint JEAN, l’aigle sur l’épaule et enfin saint MARC, le lion couché à ses pieds.

Sur sa gauche, ce sont les trois vertus théologales. Dans l’ordre : la Charité, représentée par une femme agenouillée entourée d’un vieillard et d’enfants ; la Foi, avec une femme en adoration ; l’Espérance, qui tient une ancre.

Le portique donne accès à la nef par une grande porte à deux battants, récemment aménagée en sas. La nef est nettement plus haute que les bas-côtés, ce qui permet l’éclairage de l’église à partir de grandes baies vitrées situées sur les flancs de la partie haute de la nef. L’entrée de chacun des bas-côtés se fait par une porte qui donne accès à un sas d’entrée dans l’église. Ces sas ont été récemment aménagés.

Le clocher se trouve dans l’axe du chevet de l’église, sur la place de Porcaro. Il se situe au même emplacement que le clocher de l’église de LOUIS XIV. Construit vers 1825, il adopte le style typique de la Restauration : ouvertures en plein cintre au sommet et à la base, bossage sobre au rez-de-chaussée.

©Inga-Gero

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II- L’Intérieur

Prenant modèle sur Sainte-Marie Majeure de Rome, l’intérieur de l’église présente un plan basilical assez strict. La nef s’appuie sur vingt-cinq colonnes lisses aux chapiteaux ioniens qui supportent l’architrave sur laquelle repose les parois hautes, décorées de fresques d’AMAURY-DUVAL entre lesquelles viennent s’intercaler de larges fenêtres. Le plafond, très élégant, est à caissons.

Au-dessus de l’entrée de l’église, une tribune soutient les grandes orgues, dont le buffet conserve son aspect originel, datant de 1698.

Le plafond à caissons ©J.C. Pelletier
La nef ©Mairie de Saint-Germain-en-Laye
Grand Orgue de Saint-Germain ©V. Bonamy
Un chapiteau ionien ©J.C. Pelletier

L’accès au chœur se fait par un arc triomphal lui-même décoré de fresques. La nef s’ouvre ainsi sur un chœur en abside circulaire voutée, dite en cul-de-four. Elle est décorée d’un splendide Christ en Majesté, fresque monumentale d’AMAURY-DUVAL.

Le chœur se termine sur un imposant maître-autel en marbre blanc, rehaussé de cuivre, implanté en 1901. Un autel moderne, agrémenté d’un magnifique retable de bois, d’origine de la Renaissance italienne ou provençale, occupe maintenant le centre du chœur. Un plancher de bois recouvre depuis 2011 l’ancien sol en mosaïque de pierre. Des grilles en fer forgé bordent les côtés du chœur. L’orgue de chœur, situé derrière l’autel de marbre, a été implanté dans l’église en 1889.

Christ en Majesté, fresque monumentale d’AMAURY-DUVAL ©V. Bonamy

Les deux bas-côtés comportent chacun trois chapelles, décorées de fresques d’AMAURY-DUVAL. Depuis les travaux de restauration entamés en 2015, la décoration peinte des murs de ces chapelles est à nouveau visible, dans un excellent état de fraîcheur.

A droite, en partant de l’entrée de l’église, c’est d’abord la chapelle dite « de Jacques II » ; elle comporte un mausolée, érigé en 1827 après la découverte, à l’occasion des fondations du nouveau clocher, de boîtes de plomb, dont l’une contenait une portion de la chair et des parties nobles de JACQUES II, roi d’Angleterre chassé de son trône en 1688 et installé par LOUIS XIV au château vieux de Saint-Germain-en-Laye.

Chapelle Jacques II ©Mairie de Saint-Germain-en-Laye

La fresque qui domine la chapelle représente saint Georges, patron de l’Angleterre.

Fresque de saint Georges, patron de l’Angleterre ©V. Bonamy

Puis vient la chapelle de saint Charles Borromée. La présence d’une chapelle dédiée à ce saint, qui n’a jamais fréquenté Saint-Germain, peut apparaître surprenante. Il semble que son origine remonte à l’existence d’une confrérie de saint Charles datant de la paroisse royale, le saint devenant le patron du clergé de la paroisse.

chapelle de saint Charles Boromée ©Mairie de Saint-Germain-en-Laye

La fresque qui décore la chapelle représente le saint portant secours aux malheureux frappés par la peste qui dévasta Milan en 1576.

saint Charles Boromée portant secours aux malheureux ©J.C. Pelletier

La troisième chapelle est dédiée à saint Joseph. Cette destination n’est apparue qu’en 1863, à un moment où la dévotion au père nourricier du Christ a pris de l’ampleur.

chapelle de saint Joseph ©Mairie de Saint-Germain-en-Laye

A l’origine, cet emplacement comportait un confessionnal et c’est pourquoi la chapelle est décorée d’une fresque montrant le Christ dans la maison de Simon le Pharisien, Marie-Madeleine répandant des parfums sur ses pieds, tandis qu’il donne aux apôtres le pouvoir d’absoudre.

le Christ dans la maison de Simon le Pharisien, Marie-Madeleine à ses pieds ©J.C. Pelletier

A gauche, on trouve d’abord la chapelle des fonds baptismaux. La vasque vient probablement de l’église de Charles V, et aurait été placée dans l’église au moment de la Renaissance.

chapelle des fonds baptismaux ©J.C. Pelletier

La fresque représente naturellement le baptême du Christ.

vasque des fonds baptismaux ©J.C. Pelletier

Puis vient la chapelle dédiée à saint Vincent de Paul, grande figure de Saint-Germain-en-Laye, où il a prêché et où il a créé un hôpital de Charité.

Chapelle de saint Vincent de Paul ©Mairie de Saint-Germain-en-Laye

Cet évènement est rappelé par le tableau qui orne la chapelle, tandis que la fresque est une allégorie à la charité.

fresque allégorie à la charité ©J.C. Pelletier

La chapelle de saint Louis qui suit a, comme celle de saint Joseph, d’abord abrité un confessionnal. Ce n’est qu’en 1879 que la chapelle actuelle a été inaugurée, avec le tableau représentant le saint roi apportant des reliques à la Sainte-Chapelle.

chapelle de saint Louis ©V. Bonamy

La fresque représente le Christ envoyant ses apôtres pour répandre sa Parole.

fresque le Christ et ses apôtres ©J.C. Pelletier

Les deux faux transepts sont de taille inégale. A droite, c’est la chapelle du Sacré Cœur, à la riche décoration.

 

A gauche, la chapelle de la Vierge est beaucoup plus profonde et rappelle, par sa décoration, l’église de Louis XIV : la grille en fer forgé, ancienne table de communion est décorée des soleils royaux ; la Vierge en bois doré qui orne la chapelle date de la fin du XVII° siècle ; il en est de même des colonnes corinthiennes qui soutiennent l’entablement et des anges qui encadrent la Vierge. Les stalles qui entourent le chœur viennent également de l’église de Louis XIV.

 

Le déambulatoire, en demi-cercle, est orné de vitraux du XX° siècle. Le plus ancien date de 1828 et est consacré à sainte Thérèse de Lisieux. Il est l’œuvre d’Albert MARTINE. Les trois autres ont été réalisés vers 1945 par les frères MAUMEJEAN.

 

L’église Saint-Germain est décorée de nombreuses œuvres à caractère religieux, qui seront décrites dans les chapitres suivants.

Par J.C. PELLETIER – mars 2017

Sources
  • Brochure sur le Patrimoine et l’Histoire de l’église Saint-Germain : Partie « Histoir de l’église et de la paroisse Saint-Germain, par Guillaume GLORIEUX, 2002
  •  Une Paroisse Royale ; Saint-Germain en Laye, origine et histoire, par l’Abbé Pierre TORRY, 1927, Imprimerie Floch