En pendant des trois chapelles du bas-côté droit, le bas-côté gauche comporte également trois chapelles :

LA CHAPELLE DES FONTS BAPTISMAUX

La première à partir de l’entrée de l’église, Centrée sur saint Jean Baptiste, dont la statue s’élève au centre de la chapelle, elle comporte la vasque du baptistère. Son élégant motif sculpté, en guirlandes de fleurs, est caractéristique de l’art de la Renaissance. Il est donc probable qu’il provient de la seconde église, dite « de Charles V », d’autant plus que sa présence est attestée par l’inventaire effectué lors de l’écroulement de l’église en 1681.

 

La décoration des murs, aux couleurs proches de celles de la chapelle de Jacques II, rappelle saint Jean Baptiste avec deux motifs représentés dans une mandorle ovale : le premier avec les lettres JB, pour Jean Baptiste, séparées par une croix ; le second avec la palme du martyre, en souvenir de la mort du saint.

La voûte de la chapelle est ornée d’une fresque représentant le baptême du Christ, par saint Jean Baptiste, œuvre d’Amaury-Duval. Le Christ, à demi-nu, avec une tunique pourpre, se situe plus bas que le Baptiste, à la tunique brune et portant un bâton en forme de croix. Le Christ et le saint ont le visage recueilli, baissé vers le sol. Ils sont entourés de quatre anges priants.

Il convient de noter que cette chapelle est située à proximité du tableau de Natoire qui représente également le baptême du Christ et qui sera décrit avec les œuvres de la nef.

LA CHAPELLE SAINT VINCENT DE PAUL

La seconde chapelle est consacrée à Saint Vincent de Paul. Toutes les composantes de la chapelle mettent en exergue l’extraordinaire esprit de charité de ce grand saint.

La présence de saint Vincent de Paul à Saint-Germain-en-Laye est attestée à plusieurs reprises. Deux épisodes de sa vie doivent être signalés :

  • En 1638, à partir de paysannes de la région de Saint-Germain, il va créer un groupe de femmes pour venir en aide aux démunis et aux malades. Cette communauté va prendre le nom des « Sœurs de la Charité » et recevra le soutien moral et financier de la reine Anne d’Autriche et d’autres femmes de la cour.

 

  • En 1643, il va accompagner le roi de France Louis XIII dans son agonie, dans les murs du château neuf de Saint-Germain-en-Laye.

Au centre de la chapelle se trouve un tableau de Jenny BOUCHARLAT, daté de 1828 et intitulé : « Saint Vincent de Paul exposant la situation des enfants trouvés à un groupe de femmes de la noblesse ». La femme assise et tendant une bourse au saint pourrait être Anne d’Autriche. Les deux sœurs de la Charité qui sont représentées sur le tableau portent des cornettes tout-à-fait anachroniques, puisqu’elles n’ont existé, sous cette forme, qu’à partir du XIX° siècle.

La fresque d’Amaury-Duval qui domine la chapelle est une représentation de la charité, sous la forme d’une femme entourée de sept enfants. Elle en tient un dans ses bras, semble veiller à l’instruction d’un autre qui lit un livre porté par un adolescent, et accueille les autres avec bonté. Cette œuvre rappelle l’action de saint Vincent de Paul envers les plus démunis et en particulier les enfants abandonnés par leurs parents.

La récente restauration a permis de mettre à jour la décoration extraordinaire des murs de la chapelle : une série de textes, accompagnés de dessins, un peu naïfs, signés Paul Véra (1954), rappelle certains appels à la charité, dans le Nouveau Testament.

 

Sur la gauche, de bas en haut, on trouve des textes des évangiles :

signature de Paul Véra 1954

Un texte de saint Jean (XIII-34) : « Je vous donne un commandement nouveau, qui est : Que vous vous aimiez les uns les autres et que vous vous entr’aimiez, comme je vous ai aimés ».

Le dessin qui accompagne le texte montre deux hommes s’embrassant. Ils sont accompagnés de leurs épouses, tandis qu’un petit enfant enlace leurs jambes.

Un texte de saint Matthieu (XXV-34 & 36) : « Venez, vous qui avez été bénis par mon père….Car j’étais nu et vous m’avez revêtu, j’étais malade et vous m’avez visité, j’étais en prison et vous êtes venu me voir ».

L’illustration représente une femme donnant à boire à un malade, tandis qu’une autre femme relève son oreiller afin qu’il puisse boire.

Un texte de saint Matthieu (XXV-35), suivi d’un texte de saint Jean : « Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’ai eu besoin de logement et vous m’avez logé  –  l’Amour et la Charité sont de Dieu ».

Le dessin est celui d’un homme couché à terre, tandis qu’un autre homme verse de la soupe dans son écuelle, pendant qu’une femme coupe une large tranche de pain.

Sur la droite, de bas en haut, ce sont des textes de saint Paul :

Ephésiens (IV-32) : « Soyez bons les uns envers les autres, pleins de compassion et de tendresse, vous pardonnant les uns aux autres, comme Dieu vous a aussi pardonné en Jésus-Christ ».

Le dessin représente un deux hommes dans les bras l’un de l’autre, celui de droite pardonnant à l’autre, devant une femme qui joint les mains de bonheur devant cette réconciliation.

Ephésiens (V-5), accompagné d’un texte de saint Matthieu et un texte des Actes des Apôtres (XX-35) : « Nul avare qui est un idolâtre ne sera héritier du royaume de Jésus-Christ et de Dieu. Donnez à celui qui vous demande – Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir ».

L’illustration montre l’aumône d’une femme accompagnée d’un enfant à un pauvre qui tend sa sébile.

Romains (XII-10-15) : « Aimez-vous réciproquement d’une affection tendre et fraternelle – Soyez dans la joie avec ceux qui sont dans la joie et pleurez avec ceux qui pleurent.

L’illustration montre une femme qui vient consoler une vieille femme en pleurs.

LA CHAPELLE DE SAINT LOUIS

Comme la chapelle saint Joseph, elle était primitivement occupée par un confessionnal. Ce n’est qu’en 1879 qu’elle fut consacrée au seul roi de France canonisé.

 

Le souvenir de saint Louis est en effet très fort dans notre ville. Ce roi, dont la piété et le sens de la justice sont bien connus, est né à Poissy et a séjourné à plusieurs reprises dans le château, qu’il a d’ailleurs enrichi d’une magnifique chapelle, fleuron du gothique flamboyant.

D’un mur à la décoration assez sobre se détache un tableau représentant saint Louis apportant des reliques, peut-être à la Sainte Chapelle de Paris, en 1248. Sous un dais, le souverain porte la sainte couronne d’épines. Il est entouré d’un évêque et d’un cardinal qui portent tous deux des reliques dans un coffret reliquaire finement décoré. C’est deux mois avant son départ en croisade que saint Louis effectue le transfert des saintes reliques dont il avait fait l’acquisition vers la sainte Chapelle nouvellement achevée.

La fresque qui domine la chapelle évoque la Pentecôte et l’envoi des disciples de Jésus pour évangéliser le monde. Elle était adaptée à un confessionnal et n’est pas liée à saint Louis.

Par Jean-Claude PELLETIER, septembre 2017

© Photos :

Conseil départemental des Yvelines, Jean-Bernard

Christophe RANQUE

Véronique BONAMY

Sources
  • Abbé Pierre TORRY : Une Paroisse royale, Saint-Germain-en-Laye, origine et histoire ; Imprimerie Floch, 1927
  • Guillaume GLORIEUX : Eglise Saint-Germain, Histoire et Patrimoine, 2001
  • Encyclopedia Universalis, Version 2011