Abrité derrière le chœur, le déambulatoire est moins visité que le reste de l’église, d’autant plus que son éclairage est réduit. Il mérite cependant que l’on s’y attarde, en raison des œuvres intéressantes qui y figurent.

LES VITRAUX

Quatre vitraux décorent le déambulatoire.

Le plus ancien date de 1928. En effet, le peintre verrier de Saint-Germain-en laye, Albert MARTINE a, à peine trois année après la canonisation de sainte Thérèse de Lisieux un vitrail aux couleurs qui ne sont pas sans rappeler les teintes chères au peintre Maurice DENIS. Le vitrail représente sainte Thérèse en adoration, mains ouvertes, entourée de deux anges et surplombée par le Christ crucifié. Le texte qui figure en bas du vitrail cite une parole de la sainte : « Je veux passer mon ciel à faire le bien sur la terre ».

Les trois autres vitraux sont de facture plus récente, réalisés en 1946 par les ateliers des frères MAUMEJEAN, célèbres verriers implantés à Biarritz et à Paris. Ils ont repris, dans un style moderne, les teintes et l’agencement général des vitraux du Moyen Âge. Ils rappellent des personnages et évènements liés à saint-Germain. En partant de la droite de l’église (à partir de la chapelle du Sacré Cœur), on trouve d’abord :

Un vitrail dédié à deux saints du haut Moyen Âge bien connus dans notre ville :

En haut : saint Erembert éteint les flammes d’un violent incendie à Vicouri.

« Né à Poissy au début du VII° siècle, moine, puis évêque de Toulouse, Erembert, ou seigneur d’Hambert, abandonne sa charge d’évêque pour rejoindre un monastère. Il meurt vers 672. Un établissement scolaire renommé de notre ville porte son nom. »

En bas : saint Léger, bénissant une dernière fois ses bourreaux, succombe sous le glaive.

« Saint Léger est plus connu. Né en 615, d’une famille mérovingienne noble, il se nomme en fait Leodegard et, après des études à Poitiers, il rejoint le monastère de Saint-Maixent, avant d’être nommé évêque d’Autun. Appelé comme précepteur des enfants royaux, il est très attaché à Chilpéric. En 675, celui-ci est assassiné et Thierry, le nouveau roi, fait poursuivre Léger par les troupes de son fidèle Ebroin. Assiégé dans Autun, Léger se rend pour préserver la vie de la population de la ville. Il subit deux martyres successifs des mains d’Ebroin : yeux crevés, langue arrachée, il est recueilli par des personnes pieuses, est rattrapé par Ebroin qui le fait décapiter en 676. De nombreuses chapelles sont élevées en France dès sa canonisation, en 681. La première église de Feuillancourt, partie de l’actuelle Saint-Germain-en-Laye, lui est dédiée, tradition reprise actuellement par l’autre paroisse de la ville. »

Puis un vitrail consacré à deux vœux qui ont marqué Saint-Germain-en-Laye :

 

A droite, le rappel du Vœu de Louis XIII, qui, en février 1638, à Saint-Germain-en-Laye, voua le Royaume de France à la Vierge Marie. L’origine de ce vœu est probablement l’invasion du nord de la France par les troupes espagnoles. Ce vœu est prononcé par le Roi à Abbeville, le 15 août 1638, jour de l’Assomption de la Vierge Marie. Ce serait l’origine de la fête de l’Assomption. Il est possible que le vœu soit également dû à la demande d’un descendant pour le Roi : en septembre 1638, Louis Dieudonné, futur Louis XIV, naît au Château neuf de Saint-Germain-en-Laye.

Le Roi est représenté en stase, tendant à la Vierge son sceptre et sa couronne. Anne d’Autriche est en prière derrière lui. Au-dessus, on trouve le château vieux avec la chapelle.

 

A gauche, le curé de 1944 est représenté, rappelant son vœu de consacrer Saint-germain à Notre-Dame de Lourdes. L’église Saint-Germain est placée au-dessus de la tête du curé, Notre-Dame de Lourdes en haut à droite du vitrail.

 

Au centre, le Vierge Marie, surplombée de l’inscription « Jésus, Immaculée Conception ». Curieusement, elle tourne son visage vers le curé de la paroisse, semblant ignorer Louis XIII. Cette association de deux vœux très dissemblables, avec une préférence pour celui de 1944, semble montrer une certaine fatuité du curé de l’époque, qui a d’ailleurs l’air très content de lui sur le vitrail.

Le dernier vitrail, celui qui est à proximité de la porte vers la place de Porcaro, rappelle les saints de notre paroisse :

Au sommet : saint Germain délivre les prisonniers du fisc. Saint Germain, en tenue d’évêque est agenouillé, avec humilité devant les prisonniers pour dette qui sortent de leur prison, dont la porte est ouverte par un autre saint, non identifié. Les chaînes que portaient les prisonniers gisent, ouvertes, sur le sol, devant Saint Germain.

En bas figure le martyre de saint Vincent. La place de ce saint dans notre église remonte à la création du prieuré, qui a été placé sous le parrainage de saint Germain et saint Vincent. Il s’agit probablement de Vincent de Saragosse, le patron des vignerons, mort supplicié sur une maie de pressoir, représentée sur le vitrail.

LE MONUMENT AUX MORTS

Un monument, intitulé « l’au-delà » et représentant une femme portée vers le haut par un guerrier barbu. Il est signé Icart et, curieusement, est daté de 1913, donc avant le début de la Grande Guerre. Il s’agit sans doute d’un travail non destiné à un monument aux morts et utilisé après la fin des hostilités pour orner la liste des morts de la paroisse. L’inscription qui orne le socle, « Ils sont morts pour que la France vive….Qu’ils reposent dans la Paix de Dieu » a été placée au moment de l’érection du monument comme souvenir des morts.

Louis ICART (1888-1950) est plus connu comme peintre, aquarelliste et graveur que comme sculpteur. Il est originaire de Toulouse.

La liste des morts de la paroisse est, contrairement à l’usage, gravée dans un ordre hiérarchique et non alphabétique.

LA TAPISSERIE DE LA NATIVITÉ

Pour l’année sainte 2000, un groupe de paroissiennes a réalisé une tapisserie d’une grande qualité artistique, représentant différentes scènes liées à la Nativité. L’œuvre n’est pas sans rappeler les vitraux de Moyen-Âge, mais également les fresques pleines de couleur des églises éthiopiennes.

Un premier panneau représente : en haut, l’Annonciation, en bas, l’adoration des bergers. Le second panneau est consacré aux Rois mages : en haut ils sont en route vers Bethléem, en bas, ils adorent le Christ nouveau-né.

LES PETITES FRESQUES

Un ensemble de petites fresques, représentant le Christ, dans l’axe du chœur, entouré des apôtres chacun représenté dans un cercle, s’étend du déambulatoire jusqu’aux deux bas-côtés. L’identification de chacun des apôtres reste à travailler. Ces fresques sont l’œuvre d’Amaury Duval et de son atelier.

 

A droite du Christ et de gauche à droite.

Jacques le Majeur et son rouleau
Matthieu et sa lance
Jacques le Mineur et sa massue
Paul et son glaive
Fresque Christ

Et à gauche du Christ, de gauche à droite.

Pierre et sa clef
Jude Thaddée et son bâton
Jean (le plus jeune)
Philippe et la croix
André le Protoclet et sa croix
Simon et sa scie

Par Jean-Claude PELLETIER, octobre2017

© Photos :

Christophe RANQUE

Véronique BONAMY

Sources
  • Abbé Pierre TORRY : Une Paroisse royale, Saint-Germain-en-Laye, origine et histoire ; Imprimerie Floch, 1927
  • Guillaume GLORIEUX : Eglise Saint-Germain, Histoire et Patrimoine, 2001
  • Encyclopedia Universalis, Version 2011