LE BAPTÊME DU CHRIST, DE NATOIRE

Situé non loin de la chapelle du baptistère, ce tableau est une œuvre du peintre Charles-Joseph NATOIRE. Il n’était pas destiné à l’église, mais a été probablement commandé par le Ministre de Louis XV, Jean-Baptiste MACHAUD d’ARNOUVILLE, pour décorer la chapelle de son château d’Arnouville (actuel Val d’Oise) en 1750.

On ne connait pas la raison de sa présence dans l’église Saint-Germain, son premier signalement datant de 1865, dans la chapelle Sainte-Anne. Il est probablement resté dans cette chapelle jusqu’en 1960, où il a été accroché dans son emplacement actuel, à l’occasion de la restauration de la chapelle Sainte-Anne.

L’œuvre est entièrement centrée sur le Baptême du Christ : la lumière divine, émanant de l’Esprit Saint, représenté évidemment par une colombe, vient éclairer le geste du Baptiste et auréoler le visage du Christ. Le décor est estompé de façon à ce que les regards soient centrés sur le Christ et Saint Jean Baptiste. Le visage du Baptiste montre avec quelle attention et quel respect il procède au sacrement divin. Celui du Christ est empreint d’une grande sérénité, mais aussi d’une grande humilité. Entourant la colombe, des angelots joufflus, dans le style de l’époque, suivent la scène avec beaucoup d’attention. Un ange soutient la tunique bleue du Christ.

Le tableau a été restauré en 2002-2003. Cette restauration a dévoilé que le tableau a été agrandi à une époque indéterminée. On peut en effet distinguer nettement une bande d’une dizaine de centimètres ajoutée sur chacun des quatre côtés du tableau.

Charles-Joseph NATOIRE : Né à Nîmes en 1700, élève de François LEMOYNE, il obtient le Premier Grand Prix de Rome en 1721, ce qui lui vaut de devenir pensionnaire de l’Académie de France à Rome. Il ne reviendra en France qu’en 1729.

A Paris, il est rapidement agréé à l’Académie Royale de Peinture et va se faire connaître par de nombreuses œuvres qui développent, dans des tons chaleureux et un style sensuel, une grâce, une volupté et une joie de vivre, qui le rapprochent de François BOUCHER.

Connu pour des tableaux frivoles et des cartons de tapisserie, il a réalisé quelques tableaux de caractère religieux dont ce Baptême du Christ.

Il terminera sa vie en Italie, qu’il rejoint en 1751 comme directeur de l’Académie de France à Rome. Il va finir sa vie en Italie à Castel Gandolfo, dans une certaine disgrâce, n’étant plus un peintre à la mode.

Le Baptême du Christ de Charles-Joseph NATOIRE est classé Monument historique.

LE TABLEAU DE LA CRUCIFIXION

Daté de 1828 et œuvre du peintre peu connu ANCIAUX, ce tableau représente le moment où le Christ est cloué sur la croix. Il se situe près de la chapelle de Jacques II.

Il a été probablement réalisé pour l’église, au moment de la consécration de celle-ci. Très réaliste, il est de facture un peu grossière et présente des teintes assez sombres, peut-être dues au vieillissement.

LA CHAIRE MONUMENTALE

Située sur la partie gauche de la nef, elle a pris place dans l’église de Louis XIV (troisième église) vers 1710. Elle n’a pas été conçue pour Saint-Germain-en-Laye, mais pour la troisième chapelle du château de Versailles, édifiée en 1682, puis abandonnée en 1710, au moment de l’achèvement de la chapelle actuelle. La pièce a alors perdu son caractère religieux pour devenir vers 1730 le salon d’Hercule actuel.

Très attaché à Saint-Germain-en-Laye, Louis XIV a alors fait don de cette chaire à l’église Saint Germain. Elle était alors peinte en trois couleurs : bleu, blanc et or. Seul l’or demeure, les autres teintes ayant disparues pour laisser la couleur du bois.

Bien que monumentale, elle présente une grande élégance. Surplombée par une croix reposant sur un globe, elle possède un superbe abat-voix, dont l’efficacité a été mise à profit lors de la reconstitution de sermons de Bossuet par des artistes. Cet abat-voix est décoré d’une belle colombe, représentation de l’Esprit Saint qui vient inspirer l’orateur. L’emplacement du prêtre est décoré d’une fresque représentant le Sacré Cœur sous la couronne d’épines du Christ. La chaire est décorée d’une croix entourée des rayons du soleil sous une couronne royale. Le pied de la chaire est constitué d’un lion au regard sévère, la patte sur un globe. Représentation du lion de saint Marc ou de la puissance royale dominant le monde, le choix est possible.

La chaire initiale était dotée d’un escalier latéral pour accéder à l’emplacement de l’orateur. Quand l’église actuelle a été construite, avec ses colonnes rapprochées, cet escalier, qui interdisait à la chaire de s’insérer entre deux colonnes, a été supprimé et remplacé par un escalier hélicoïdal à l’intérieur même de la chaire.

Ce superbe monument est classé monument historique.

LE BAS-RELIEF DE L'AUTEL

Cette œuvre d’art a trouvé récemment sa place dans notre église. C’est un don des carmélites de Saint-Germain-en-Laye, qui a été monté en devant d’autel à la demande du Père Cordonnier.

Ce relief en bois est d’une facture qui le situe dans la période de la Renaissance italo-provençale. On ne connaît pas son origine. Entre des colonnettes décorées de guirlandes de feuilles, sous des angelots élégants, on trouve trois femmes, représentant des vertus, le nom de chaque vertu étant inscrite sur un cartouche au-dessus de chaque femme.

En partant de la droite vers la gauche, on trouve d’abord : Espérance, marquée par la présence de l’ancre marine, signe de fermeté dans les tempêtes ;

Puis c’est la Foi, avec la croix du Christ, signe de croyance dans la Résurrection.

On s’attend à trouver ensuite la troisième vertu théologale, la Charité. Or, le mot écrit au-dessus de la femme, versant de l’eau sur quelque chose qui peut être un récipient ou du pain, est « attrempance ». Ce mot du vieux français, issu du latin attemperare, signifie modération face aux passions, sagesse, modestie, tempérance. Elle était considérée comme une des quatre vertus cardinales à la fin du Moyen-Âge et au début de la Renaissance.

Il est donc curieux de constater que ce magnifique relief élimine la Charité pour la remplacer par la tempérance, vertu qui n’est pas du même niveau dans la chrétienté.

LE LUTRIN ANCIEN
Ambon

Dans le fond du chœur, on trouve un magnifique lutrin, qui porte sur un côté le soleil royal, symbole de Louis XIV, ce qui indique qu’il s’agit d’une pièce venant de la troisième église. Elégant, bien que solidement charpenté, il comporte deux petits porte-chandelle, destinés à faciliter la lecture des textes sacrés par l’officiant.

Il est utilisé aujourd’hui pour présenter l’évangéliaire utilisé pour les grandes messes. Pour la lecture des textes sacrés, il est remplacé par un ambon, de facture récente, installé dans l’église vers 2007, qui présente à ses quatre coins les symboles des évangélistes, le lion pour saint Marc, le taureau pour saint Luc, l’aigle pour saint Jean et l’homme ailé pour saint Matthieu. La disposition de l’ambon permet à chacun de ces symboles d’être en direction de l’évangéliste correspondant sur les fresques du chœur.

L’ambon est un meuble en général fixe, alors que le lutrin est mobile. L’ambon est le meuble destiné à la lecture des évangiles et autres textes sacrés depuis le VII° siècle, la chaire étant réservée aux homélies. De nos jours, l’ambon sert le plus souvent également aux homélies.

Par Jean-Claude PELLETIER, octobre2017

© Photos :

Christophe RANQUE

Véronique BONAMY

Sources
  • Abbé Pierre TORRY : Une Paroisse royale, Saint-Germain-en-Laye, origine et histoire ; Imprimerie Floch, 1927
  • Guillaume GLORIEUX : Eglise Saint-Germain, Histoire et Patrimoine, 2001
  • Encyclopedia Universalis, Version 2011